Une aventure d’espionnage explosive qui mélange infiltration, gadgets et séquences d’action à la sauce blockbuster.
Martini, mensonges et explosions
Avec 007 First Light, IO Interactive ne cherche pas à recycler une aventure déjà vue au cinéma. Le studio préfère repartir de zéro et proposer une origin story totalement inédite autour d’un James Bond encore jeune, impulsif et loin du vétéran ultra maîtrisé que les fans connaissent. Ici, Bond débute comme simple membre de la Navy avant qu’un acte de bravoure ne l’envoie directement dans les griffes du programme Double 0. Très vite, une mission tourne au fiasco et notre futur agent secret doit collaborer avec Greenway afin de remonter la piste d’un vaste complot. Le scénario joue alors constamment entre espionnage, trahisons, action explosive et moments plus intimistes. La firme réussit surtout à donner une vraie personnalité à ce Bond version 2026, plus humain, parfois arrogant, mais également moins caricatural que certaines anciennes adaptations vidéoludiques.
IO Interactive soigne clairement l’ambiance.
L’écriture profite aussi d’un excellent rythme digne des longs-métrages de la saga. Les premières heures alternent infiltration tendue, séquences spectaculaires et moments plus posés dans lesquels le jeu prend le temps de développer son univers. Nous passons ainsi d’une fuite glaciale en Islande à des galas luxueux, des musées sous haute sécurité ou encore des courses-poursuites complètement folles. Le studio joue énormément avec les codes mythiques de la licence ; gadgets improbables, humour pince-sans-rire, méchants excentriques et situations absurdes parfaitement assumées. Certaines scènes sentent clairement l’inspiration Uncharted ou Mission Impossible, mais l’ensemble conserve cette élégance typiquement Bond qui transforme la moindre explosion en moment de cinéma interactif. Les dialogues apportent régulièrement une petite touche légère qui fonctionne très bien, notamment grâce aux répliques parfois délicieusement ringardes de Bond. Oui, certains personnages secondaires tombent un peu dans le cliché du grand méchant théâtral, mais sincèrement, cela fait aussi partie du charme de la licence.
Concernant la durée de vie, il faut une bonne quinzaine d’heures pour arriver au bout du tunnel. Vous pouvez gonfler de plusieurs heures cette expérience, ce qui est logique au vu des nombreuses zones semi-ouvertes et des différentes approches possibles durant les missions. Le jeu encourage clairement la rejouabilité grâce aux multiples chemins, gadgets et méthodes d’infiltration disponibles. Certaines séquences peuvent être terminées discrètement, tandis que d’autres se transforment en gigantesques fusillades si nous décidons de jouer les bourrins avec le permis de tuer activé. Le système de modificateurs permet également de revisiter les missions sous un autre angle afin de prolonger l’expérience. 007 First Light ne cherche donc pas à être un immense monde ouvert rempli d’activités inutiles. Le titre préfère miser sur des niveaux denses, rejouables et bien rythmés, dans lesquels chaque mission ressemble à un épisode de film interactif. Une philosophie finalement très proche des meilleurs épisodes de la saga Hitman.
Du côté de la bande-son, IO Interactive soigne clairement l’ambiance. Les musiques savent se faire discrètes durant les phases d’infiltration avant de laisser exploser les thèmes orchestraux dans les moments les plus spectaculaires. Le célèbre esprit James Bond est bien là, avec cette montée d’adrénaline immédiate dès que les cuivres se déclenchent pendant une poursuite ou une fusillade. Les doublages anglais profitent également d’un casting solide, notamment Patrick Gibson dans le rôle du jeune Bond ou encore Lennie James en mentor charismatique. Les performances donnent énormément de crédibilité aux personnages et renforcent l’aspect blockbuster du jeu. Dommage cependant qu’aucun doublage français ne soit proposé. L’absence de VF casse un peu l’immersion durant certaines scènes très bavardes, surtout pour un jeu aussi cinématographique. Les sous-titres français restent heureusement de qualité, mais entendre Bond parler français avec élégance durant les phases d’action aurait clairement ajouté une couche supplémentaire au spectacle.





Commenter 2 commentaires
On s'amuse du début à la fin sans fioriture.
Heureusement qu'il existe encore des jeux comme ça.
Je trouve le jeu trop long à démarrer et pitié pourquoi nous exiger des séquences d'infiltration et de tirs, alors que les deux phases devraient être réunies (c'est également sur ce point que je suis déçu).
Les autres jeux James Bond nous mettaient directement dans l'action il n'y avait pas de temps mort comme ça.
Et concernant les combats et l'action en général, le jeu La Mémoire Dans la Peau sur PS3/X360 nous avait habitués à beaucoup mieux que ça.