Mixtape nous embarque dans une aventure narrative aussi touchante qu’imparfaite. Parlons-en !
La vraie star, c’est la playlist
Le récit de Mixtape repose sur un concept efficace, celui de revivre, à travers une journée spéciale, les souvenirs qui ont construit une amitié. Stacey s’apprête à quitter sa ville pour entamer une nouvelle vie, et cette dernière soirée entre amis sert de fil rouge à un voyage entre passé et présent. Le sujet est universel, et le jeu le traite avec une sensibilité réelle. Les dialogues sonnent souvent juste, les personnages ont une vraie présence, et certains échanges rappellent avec une précision troublante ce drôle d’âge où tout semblait immense.
Mixtape fait mouche presque instantanément, c’est sa bande-son.
Le trio principal fonctionne bien. Chacun apporte sa petite faille, ses blessures et sa façon de regarder l’avenir. Certains personnages paraissent un peu archétypaux, certes, mais ils restent suffisamment crédibles pour que l’attachement prenne. Nous retrouvons dans leurs discussions cette manière un peu maladroite qu’ont les adolescents de parler de choses profondes en faisant semblant de s’en moquer. Le ton est souvent juste, parfois touchant, sans trop en faire.
La durée de vie reste cependant très courte. Il faut trois heures environ pour arriver au bout du tunnel, et ce format ultra condensé donne parfois le sentiment que plusieurs thèmes auraient mérité plus de place. L’amitié, le départ, la peur de grandir, le regret, tout est là, mais souvent (extrêmement) effleuré. Cette expérience préfère suggérer plutôt qu’approfondir, ce qui lui donne une certaine élégance, mais aussi une frustration ; au moment où nous commençons vraiment à nous attacher, le générique arrive déjà.
En outre, s’il y a bien un domaine où Mixtape fait mouche presque instantanément, c’est sa bande-son. Le titre ne s’appelle pas ainsi pour rien... En effet, la musique est son cœur, sa narration et parfois même sa seule raison d’être. Chaque séquence importante est associée à un morceau soigneusement choisi, et les chansons ne servent pas de simple fond sonore. Elles racontent l’histoire autant que les dialogues, parfois davantage. Le choix des titres fonctionne globalement très bien, surtout pour celles et ceux qui ont un faible pour les années 90 et le rock alternatif. Certaines pistes collent parfaitement aux scènes qu’elles accompagnent, au point de donner l’impression que tout le jeu a été construit autour d’elles. La mise en scène atteint alors des sommets, avec des passages presque magistraux tant le rythme, les cadrages et la musique s’imbriquent avec naturel. C’est dans ces moments que Mixtape touche juste.
Le revers de la médaille, c’est que le projet montre aussi ses limites. Plusieurs grands noms emblématiques de l’époque manquent à l’appel, probablement pour des raisons de droits, et cela crée parfois une nostalgie un peu incomplète. Pour un jeu qui prétend raconter une génération à travers sa musique, l’absence de certains incontournables saute aux oreilles. Cela n’empêche pas la bande-son d’être réussie, loin de là, mais les amateurs les plus pointilleux sentiront vite qu’il manque quelques morceaux dans la cassette.





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