[DOSSIER] Google I/O 2026, Gemini 3.5 et Gemini Omni, Google veut imposer son assistant partout
par Eric de BrocartAprès avoir transformé Search en assistant capable d’agir, Google veut faire de Gemini le moteur de tout son écosystème. Avec Gemini 3.5, Gemini Omni, Spark et Daily Brief, l’IA du groupe veut dépasser le simple chatbot.
La nouveauté la plus révélatrice de cette nouvelle approche s’appelle Gemini Spark. Google le présente comme un agent personnel capable d’aider l’utilisateur à gérer sa vie numérique. Contrairement à un assistant classique, Spark n’a pas vocation à répondre uniquement dans l’instant. Il peut travailler en arrière-plan sur des tâches longues, sous la direction de l’utilisateur.
Son fonctionnement illustre bien cette bascule vers l’IA agentique. Spark doit s’exécuter sur des machines virtuelles dédiées dans Google Cloud, avec une disponibilité continue. L’utilisateur n’a donc pas besoin de garder son ordinateur allumé pour que l’agent poursuive une tâche. Gemini commence ainsi à sortir de la logique de session pour entrer dans celle d’un assistant actif en permanence.
Spark s’appuie sur Gemini 3.5 et sur Google Antigravity pour gérer des missions de plus longue durée. Il doit d’abord s’intégrer aux outils de Google, puis s’ouvrir progressivement à des outils tiers via le protocole MCP. L’objectif est clair, Gemini ne doit pas rester enfermé dans une application, mais circuler entre plusieurs environnements pour accomplir une tâche complète.
Cela peut concerner l’organisation d’un projet, la préparation d’un dossier, la recherche de documents, le suivi d’une tâche ou la coordination entre plusieurs services. L’utilisateur garde la direction, mais l’agent prend en charge une partie du travail répétitif ou fastidieux. Dans cette logique, Gemini devient moins un interlocuteur qu’un exécutant numérique supervisé.
Daily Brief suit le même mouvement, avec une approche plus quotidienne. Cette fonction doit proposer un résumé personnalisé au début de la journée, à partir d’informations issues de Gmail, Calendar et des échanges avec Gemini. L’idée n’est pas seulement de regrouper des notifications, mais de hiérarchiser les priorités et de suggérer les prochaines étapes. Avec Daily Brief, Google veut transformer le démarrage de la journée en plan d’action plutôt qu’en tri manuel d’informations.
Ce type de fonction montre que Gemini devient plus proactif. L’assistant n’attend plus forcément une demande précise pour intervenir. Il peut préparer un contexte, faire ressortir les éléments importants et aider l’utilisateur à décider par quoi commencer. C’est une évolution pratique, mais elle suppose aussi une intégration plus profonde avec les données personnelles.
Dans Workspace, cette logique peut se prolonger dans Gmail, Docs, Keep et d’autres services. Gemini peut aider à rédiger, résumer, trier, organiser ou préparer des contenus. Le sujet ne se limite donc pas à gagner quelques secondes sur une réponse automatique. L’enjeu est de réduire les frictions entre les informations dispersées et les actions à accomplir.
Sur Android, Gemini pourrait également prendre une place plus visible. Le smartphone a longtemps été organisé autour des applications, des icônes, des menus et des notifications. Avec un assistant plus intégré, une partie de ces interactions peut passer par la voix, le texte ou des commandes contextuelles. Android ne disparaît pas, mais il pourrait devenir davantage une couche technique en arrière-plan, tandis que Gemini prend le rôle d’interface visible.
Cette évolution se prolonge aussi dans Chrome et les futurs appareils Android XR. Si Gemini peut agir dans le navigateur, dans le téléphone et demain dans des lunettes connectées, l’assistant devient beaucoup plus qu’une application. Il devient une présence transversale, capable de suivre l’utilisateur d’un écran à l’autre et parfois au-delà de l’écran.







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