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TEST Beast of Reincarnation : un action-RPG ambitieux mais avec un « mais »

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Entre Japon post-apocalyptique, katana, chien géant et influences à la pelle, Game Freak tente une aventure qui ne manque pas de caractère.

Une histoire qui pousse à avancer, même quand elle patine

Le scénario nous plonge dans un futur extrêmement sombre où l'humanité a pratiquement disparu. La civilisation s'est effondrée et une corruption appelée le Fléau continue de contaminer le monde. Tous les cent ans, le Beast of Reincarnation revient semer davantage de destruction, tandis que les survivants tentent de maintenir quelques fragments de civilisation. Emma, infectée elle-même par le Fléau et privée d'une grande partie de ses émotions, est utilisée comme Purificatrice afin d'éliminer les créatures contaminées et les gigantesques Nushi qui contrôlent différentes régions. L'univers possède donc une base intéressante, mais le scénario principal accumule rapidement les références et les ficelles déjà vues ailleurs.

Le véritable cœur de l'aventure se trouve finalement dans la relation entre Emma, Koo et les quelques personnages qui les accompagnent.

Il est difficile de ne pas penser à NieR: Automata, Sekiro, Shadow of the Colossus, Horizon ou encore certains action-RPG japonais en parcourant Beast of Reincarnation. Le jeu emprunte énormément à ces productions, parfois au point de donner l'impression d'être une compilation des bonnes idées de ses voisins. Cela ne signifie pas que l'ensemble est mauvais, loin de là, mais il faud accepter une certaine impression de déjà-vu. L'univers fonctionne surtout grâce à son atmosphère et à ses personnages plutôt qu'à ses grands mystères. L'histoire globale autour des Golems, de la corruption et du Beast of Reincarnation peut d'ailleurs laisser perplexe.

Le véritable cœur de l'aventure se trouve finalement dans la relation entre Emma, Koo et les quelques personnages qui les accompagnent. Emma commence comme une héroïne froide et distante, presque incapable de comprendre les émotions humaines. Ses rencontres avec les autres lui permettent progressivement de découvrir les notions d'attachement, de confiance et de choix personnel. Le contraste fonctionne particulièrement bien avec Koo, énorme boule de poils capable de passer du massacre de créatures monstrueuses à une séance de câlins en quelques secondes. Le petit groupe finit ainsi par devenir attachant, et c'est cette dimension humaine qui nous pousse à continuer lorsque le scénario principal commence à perdre de son intérêt.

La durée de vie tourne autour d'une vingtaine d'heures selon notre façon de jouer, avec davantage de temps nécessaire pour explorer chaque zone et dénicher tous les objectifs secondaires. Les premières régions sont clairement les plus intéressantes, avec des environnements suffisamment ouverts pour encourager l'exploration et des possibilités de déplacement qui donnent envie de fouiller les moindres recoins. Malheureusement, la seconde partie se montre beaucoup plus linéaire et répétitive. Les environnements deviennent plus petits, les affrontements contre les boss commencent à se répéter et certaines zones donnent davantage l'impression de servir de couloir vers le prochain combat. Le plaisir de la découverte s'essouffle donc progressivement, alors que le potentiel était pourtant énorme.

Beast of Reincarnation images test (6)

En outre, la bande-son accompagne parfaitement l'ambiance si particulière de Beast of Reincarnation. Les compositions adoptent une tonalité mélancolique, douce et parfois inquiétante qui colle parfaitement à ce Japon ravagé par la corruption. Les morceaux savent se faire discrets lors des phases d'exploration avant de prendre davantage d'ampleur pendant les affrontements contre les Nushi. Cependant, nous avons parfois l'impression d'écouter les mêmes morceaux encore et encore. La bande-son n'est pas particulièrement généreuse en matière de variété et certains thèmes reviennent suffisamment souvent pour finir par se faire remarquer. C'est d'autant plus dommage que les quelques morceaux véritablement marquants sont excellents. Ils possèdent cette capacité à rester en tête et à accompagner parfaitement les paysages désolés du jeu. Bref, peu de quantité, mais une qualité qui permet de sauver les meubles avec un certain panache.

redacteur vignetteMartial DUCHEMIN
Rédacteur en chef - Spécialiste Japon
Résident au Japon qui a trois passions dans la vie : les jeux vidéo, les figurines, et la bouffe. Adore les balades à Akiba, le retrogaming, et les salles d'arcade. Ma vie est vouée à Dragon Ball.
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