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PS6 : " NO DISC NO BUY ", pourquoi nous pensons que ce n’est pas le bon combat !

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Refuser le dématérialisé suffira-t-il à protéger les joueurs ? Les cas The Crew et Aliens: Fireteam Elite montrent que le véritable enjeu se situe peut-être ailleurs : dans les droits associés aux licences que nous achetons.

Continuer à réclamer des jeux physiques est parfaitement légitime. Mais si l'industrie poursuit sa transition vers le numérique, empêcher cette évolution pourrait devenir de plus en plus difficile ; l'urgence consiste donc à déterminer quels droits devront obligatoirement accompagner les licences que nous achèterons demain.

Si le disque disparaît, les droits qu’il nous donnait de fait ne doivent pas disparaître avec lui.

C'est précisément dans cette logique que nous soutenons GamerRights.eu, un collectif indépendant consacré aux droits des consommateurs dans le jeu vidéo en Europe. Son objectif n'est pas de défendre le dématérialisé contre le physique, mais d'obtenir que le changement de support ne serve pas de prétexte à une réduction progressive des droits du joueur. La distinction est fondamentale. Nous ne demandons pas que l'acheteur devienne propriétaire de la propriété intellectuelle du jeu. Nous demandons que la licence d'utilisation qu'il a payée lui procure des droits durables et clairement définis.

C'est également le principe des six garanties que nous avions proposées en juillet sur GAMERGEN et qui ont depuis été reprises et améliorées par GamerRights.eu. Un contenu présenté comme un achat devrait garantir un droit d'usage durable. La fermeture d'une boutique ne devrait pas condamner les téléchargements déjà payés. Le prêt, la transmission et, à terme, une forme encadrée de revente numérique devraient pouvoir être envisagés. Lorsqu'un service ferme, une compensation ou une solution technique devrait être prévue. Les conditions réelles d'utilisation devraient être clairement affichées avant l'achat. Enfin, lorsqu'un jeu peut techniquement fonctionner sans serveur, son utilisation hors ligne devrait être préservée. Ce ne sont pas des revendications destinées à reproduire artificiellement un Blu-ray dans le monde numérique. Il s'agit de dématérialiser le support sans dématérialiser nos droits.

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Le cas de The Crew permet de comprendre concrètement ce que cela pourrait signifier. Lorsqu'un jeu possède des contenus pouvant fonctionner localement, l'arrêt de son exploitation commerciale ne devrait pas nécessairement entraîner sa disparition technique. Un correctif final permettant un fonctionnement hors ligne, l'ouverture de serveurs communautaires ou toute autre solution raisonnable pourrait être envisagé lorsque cela est techniquement possible.

Le cas de Aliens: Fireteam Elite est plus complexe. Un jeu entièrement exécuté dans le cloud dépend par définition d'une infrastructure distante. Garantir son fonctionnement éternel serait irréaliste. Cela ne signifie cependant pas que le consommateur doive tout simplement perdre la totalité de son achat. Une durée minimale de service clairement annoncée, une compensation en cas d'arrêt anticipé ou une information très visible sur la nature temporaire de l'accès changeraient déjà considérablement la relation entre l'éditeur et son client.

C'est là que réside une autre différence essentielle avec No Disc No Buy. Le boycott agit sur le terrain commercial : si le produit ne propose pas de disque, le consommateur refuse de l'acheter. Le mouvement #PSBlackout, qui invite à ne rien acheter et ne pas se connedter sur le PlayStation Network du 23 au 30 août 2026, s'inscrit notamment dans cette logique. GamerRights.eu cherche à agir sur un autre terrain : le droit. Car même si un boycott obtenait ponctuellement le maintien d'un support physique, il ne résoudrait pas les questions de fond liées au numérique : que devient une licence après la fermeture d'un service ? Peut-elle être transmise ? Peut-elle être revendue ? Quelle durée d'accès minimale doit être garantie ? Quelles informations doivent apparaître avant l'achat ? Quelles obligations doit respecter un éditeur lorsqu'un produit payé devient inutilisable ? Ces questions doivent désormais être posées aux constructeurs et aux éditeurs, mais également aux législateurs.

L'Union Européenne prépare actuellement son futur Digital Fairness Act. Le projet vise plus largement à renforcer la protection des consommateurs dans l'environnement numérique, notamment face aux pratiques commerciales trompeuses, aux interfaces manipulatrices et à certaines formes de personnalisation abusive. La revente des jeux numériques, leur préservation ou les obligations spécifiques liées à la fermeture des serveurs ne constituent cependant pas, à ce stade, des acquis de ce futur texte. GamerRights.eu demande précisément que ces problématiques propres aux licences de jeux vidéo entrent dans le débat européen. Le collectif met également à disposition des analyses juridiques et des modèles permettant d'interpeller députés, sénateurs et eurodéputés. L'objectif est de transformer une inquiétude largement partagée par les joueurs en revendications suffisamment précises pour pouvoir être discutées par les institutions. C'est à nos yeux un combat plus durable que celui consistant uniquement à exiger la présence d'un disque.

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Le support physique possède encore des qualités évidentes et ceux qui souhaitent continuer à acheter leurs jeux de cette manière doivent pouvoir le faire aussi longtemps que les éditeurs proposeront cette possibilité. Mais si, demain, le numérique devient largement majoritaire, le véritable échec serait de constater que nous avons passé des années à défendre le disque sans préparer les droits qui devront lui survivre. Nous ne sommes donc pas « pro-démat » et encore moins opposés au jeu physique. Nous sommes favorables à une idée beaucoup plus simple : un changement de technologie ne devrait pas entraîner une diminution des droits du consommateur.

No Disc No Buy pose une bonne question : que restera-t-il aux joueurs lorsque le disque aura disparu ? Nous pensons simplement que sa réponse n'est pas la bonne. Il ne faut pas seulement réclamer que le disque survive, il faut obtenir que nos droits survivent au disque.

Et c'est précisément le combat que nous avons choisi de porter avec GamerRights.eu.

redacteur vignetteEric de Brocart
Fondateur - Directeur de publication
Magicien professionnel, quand je ne suis pas derrière mon PC, photographe amateur, quand j'ai le temps et surtout un grand passionné de réalité virtuelle.
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Commenter 2 commentaires

DAV1L
Bonjour,

Bel article qui traite sérieusement le sujet sans se laisser submergé par les émotions créées par l'annonce de la fin du support physique chez Sony.

En partant du principe que les autres constructeurs suivront probablement après, il est pertinent de réfléchir au sujet dès à présent.
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tylerfc
Le demat en soi ne me dérange absolument pas. Je souhaiterais simplement avoir le droit de disposer de mon achat de façon illimité sur n'importe quelle future plateforme.

Mon contenu acheter sur ps3 par exemple, qu'il soi compatible sur une ps7. Un duck tales remastered n'est pas disponible sur ps4 et ps5. Alors que sur pc, on y a encore accès.
Je veux pouvoir stocker sur un support externe tout mes contenus et les mettres sur les consoles de générations suivante si le téléchargement n'est plus possible via son compte.
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